Les quatre yeux

(qui chuchotent)

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C’était il y a quelques mois, à La Cigale, un soir de grand fatigue. La veille, on avait fêté le Beaujolais nouveau, en buvant d’autres mauvais vins. Dans la file d’attente, les corps peinaient à rester debout. Arrivés dans la salle, on s’est installés dans un coin sombre où on pouvait poser nos affaires et étaler nos jambes. Il n’y avait plus qu’à attendre que le temps passe. Et puis, et puis… Asaf Avidan est arrivé et si mes petits yeux noisette étaient sur le point de se fermer, mes oreilles, elles, se sont brusquement agitées. Une voix à la Janis Joplin cachée dans un corps tout aussi androgyne ; une puissance et une sensibilité que ne savent conjuguer que les plus grands ; un musicien drôle, spirituel, et israélien. Qu’importent la fatigue et le mal de crâne, on s’est levé, subjugués.

Cette jolie découverte musicale, c’est mon cadeau de Noël, avec certes quelques jours de retard, mais avec tous mes voeux de bonheur pour les fêtes.

(Ici ce sont les yeux noisette qui chuchotent)

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Blow people

Alors qu’au-dehors, le monde tangue et tremble (la crise, la fin du monde, etc., vous n’avez que l’embarras du choix !), prenons le temps de souffler un peu.

Un billet deux en un, qui vous propose à la fois d’ouvrir vos oreilles et de faire un exercice de relaxation. Inspirez, expirez, si vous tentez de faire les eux en même temps, grands fous que vous êtes, c’est à vos risques et périls !

C’est de ceux qui soufflent dans les cuivres dont je veux vous parler. Et en particulier de ceux dont le souffle prend un air de jazz. Si vous faites partie des gens pour qui jazz signifie musique de papis en pantoufles, swing ou autre musique d’ascenseur, vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate (l’anatomie est définitivement un de mes points forts !) ! le jazz est tellement loin de ça, tellement plus, tellement mieux. Cette définition est d’une précision confondante, je vous l’accorde ! Pour évoquer la musique, les mots s’emmêlent, peinent, et s’éreintent laborieusement dans de vaines descriptions toujours un peu ratées. Alors laissons donc la musique parler elle-même, toute seule, comme une grande !

Inspiration

Le reflet or dans la pénombre, un silence et le son jaillit, déflagration, le souffle s’anime, hésitant presque, vertige des commencements et retentissement strident qui claironne à tous, bienvenue !

http://www.youtube.com/watch?v=8qHdGidUW1MExpiration


Bonne humeur, joie, légèreté, les êtres s’animent, retour de contrées lointaines où nous étions aller vagabonder.

http://www.youtube.com/watch?v=Z_3ftw1g9bs

Un souffle dérisoire, un peu de légèreté.

Alors soufflons sans suffoquer, sur ces instants graves ou légers, soufflons sur les braises, il finira bien par en jaillir des étincelles… cuivrées ?

Ce billet est dédicacé au loup des Trois petits cochons.

(Ici , ce sont les yeux bleus qui chuchotent et tendent l’oreille)

Nota Bene : pour parler de jazz, rien de mieux que d’écouter le bon vieux Archie. Je vous laisse en sa compagnie.

http://www.blogotheque.net/2011/10/21/radio-vinyle-archie-shepp/

Crédits photos : © ssirus pakzad

Classé dans Jazz musique

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Joker

                         

J’ai failli vous parler de la pluie et du beau temps, de l’automne qui nous tombe dessus brusquement, des rhumes sans fin et des débuts chaotiques du chauffage dans mon appartement. La météo, c’est ce qu’il reste quand on a rien à dire. Quand on croise une vieille connaissance et qu’un “ça va”/”oui et toi ?” est un peu trop léger. Quand il faut reprendre contact mais qu’on ne sait plus trop comment. Quand on est dans un ascenseur avec un inconnu et que la proximité des corps semble obliger la bouche à fonctionner.

Le nez caché sous l’écharpe, les oreilles protégées par un gros casque, comme on en voit sur les gens branchés, je faisais les cent pas chez moi et me disais que vous parler de la météo était peut-être le meilleur moyen de passer outre cette longue absence ici. J’avais commencé à écrire dans ma tête, comme j’adore le faire (poser les doigts gelés sur le clavier est plus compliqué) mais… Mais quelque chose m’avait arrêté. Peut-être avais-je quelque chose de mieux à vous raconter ? Marcher vite et chantonner dans ma tête ” Je suis l’as de trèfle qui pique ton coeur… “, écrire des mots piquants comme l’air du temps, et oui, ça y est, c’est ça, repenser à ce petit livre lu il n’y a pas longtemps…

Hymne à la pluie, écrit poétique, De la pluie de Martin Page rappelle au lecteur que “les créatures les plus étranges apparaissent sous la pluie. Les escargots et les champignons, anomalies naturelles, curiosités extraordinaires, en profitent pour s’aimer…” Martin Page fait de la pluie un souvenir d’enfance, une guerre non advenue, un refuge pour l’homme affairé. Ses formules font sourire, “La pluie tombe comme nous tombons amoureux : en déjouant les prévisions.” mais pas que. Martin Page raconte aussi des histoires, comme ce très joli conte qu’il abrite au creux de ses pages : “L’homme est pris au piège. Il doit faire tomber la pluie, sinon il sera lynché…”

Ainsi, si vous vous voulez vous réconcilier avec la pluie que l’on critique sans arrêt - la pauvre !- attrapez ce petit livre sans prétention. C’est à la fois un bon joker lors des conversations météo entre collègues et un refuge les jours de grandes averses et de mauvaise humeur.

D’ailleurs, je suis désolée, je vous laisse, il faut que j’aille dire à ma voisine de pallier qu’aujourd’hui, il fait pas beau. (mais promis, cette fois, je reviens vite !)

                                                     

(Ici ce sont les yeux noisette qui chuchotent)

Nota Bene : Et si, comme moi, vous aimez bien Martin Page parce qu’il fait partie de ces auteurs qui refusent la facilité, qui savent encore raconter des histoires, et leur apporter fantaisie et originalité, allez visiter son blog : http://www.martin-page.fr/blog/

Image via http://sinnumero.tumblr.com

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La femme-objet

                

Je suis fascinée par la place qu’ont pris les non-humains dans nos vies. Vous savez, ces objets sans vie que l’on ne supporte pas de voir mourir par manque de batterie, et dont les longues maladies, faites de bugs et de SAV, nous inquiètent presque plus qu’une grand-mère à l’hôpital. Ces non-humains qui nous entourent, nous cachent, nous assistent, nous rassurent…

Alors non, je suis désolée, ce titre racoleur n’annonçait pas les corps sublimes de femmes dénudées, il introduisait juste le remarquable travail du photographe allemand Frauke Thielking. À regarder son oeuvre, je me dis que l’envahissement des non-humains dans notre quotidien doit légèrement l’angoisser… Même si je ne suis pas convaincue que sa solution soit la bonne (vous vous imaginez pianoter sur un humain pour écrire un mail ? L’ordinhumain serait obligé de courir jusqu’au destinataire pour lui porter le message… définitivement, pas pratique !), je trouve ses mises en scène incroyables, quoique parfois dérangeantes. Et vous, vous en pensez quoi ?

(Ici ce sont les yeux noisette qui chuchotent)

                 

                 

                 

Découverte de ce photographe via Fubiz